Par Condorcet
Flammarion
Collection GF
Jamais ce qu'il est convenu d'appeler les " illusions du progrès " n'a été exposé avec autant d'éloquence.
Condorcet, à la veille de mourir par la faute de cette Révolution qu'il a préparée et servie, persiste et signe. Son testament est aussi celui des Lumières, avec leur grandeur et leurs limites. Cette tentative d'embrasser d'un seul regard l'histoire de l'humanité pour y reconnaître les manifestations de la " perfectibilité de l'esprit humain " s'achève sur une extraordinaire évocation de l'avenir de l'humanité, où l'enthousiasme du " philosophe " s'unit à la sobriété du savant.
En un temps où le " pathos du déclin " fait recette, la lecture de l'Esquisse peut paraître intempestive. Les esprits libres s'y risqueront. Ce volume contient aussi le Fragment sur l'Atlantide, qui n'avait jamais été réédité depuis les uvres complètes (1847-1849). C'est un texte d'une étonnante actualité, qui traite de la place de la science dans la cité, et aborde les questions de l'organisation du travail scientifique, de la " politique de la science, " des rapports entre les savants et l'Etat et de la nécessaire liberté de la recherche.
Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, né le 17 septembre 1743 à Ribemont et mort le 29 mars 1794 à Bourg-la-Reine, est un philosophe, mathématicien et politologue français.
En 1789, lorsque la Révolution éclata en France, l'activité politique de Condorcet devint intense et son rôle fut majeur. Lui, grand défenseur de nombreuses causes libérales espérait une reconstruction rationaliste de la société. Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, il fut élu au conseil municipal de Paris. En 1790 il fonde avec Sieyès la Société de 1789 et dirige le Journal de la Société de 1789, la Bibliothèque de l'homme public (1790-1792), la Chronique de Paris (1792-1793), le Journal d'instruction sociale (1793). De plus, il prit une part active à la cause des femmes, en se prononçant pour le vote des femmes dans un article du Journal de la Société de 1789, et en publiant en 1790 De l'admission des femmes au droit de cité.
En 1791, il fut élu député de Paris au sein de l'Assemblée législative, dont il devint même le secrétaire et où il se trouva parmi les membres qui demandèrent l'établissement de la République. Il y présente en avril 1792 un projet de réforme du système éducatif visant à créer un système hiérarchique, placé sous l'autorité d'hommes de savoir, qui agiraient comme des gardiens des Lumières et qui, indépendants du pouvoir, seraient les garants des libertés publiques. Le projet fut jugé contraire aux vertus républicaines et à l'égalité, livrant l'éducation de la Nation à une aristocratie de savants. En 1792 il fut élu député de l'Aisne à la Convention nationale. Il y siège avec les Brissotins.Il est également membre du comité de constitution qui adopta à peu près sans modifications le projet de constitution qu'il avait rédigé mais qui ne fut finalement pas adopté par l'Assemblée. Condorcet se trouva bientôt en mauvaise posture. Deux courants de pensée s'affrontaient quant à la manière de réformer l'État français : les Girondins, et les Jacobins, ces derniers dirigés par Maximilien de Robespierre. Condorcet, Girondin et opposé à la peine de mort, vota contre l'exécution de Louis XVI, mais ne fut pas exactement partisan de la clémence, en cela qu'il prôna la condamnation aux galères à vie, idée qu'il fut d'ailleurs l'un des seuls à défendre.
Les Girondins perdirent le contrôle de l'Assemblée en faveur des Jacobins, en 1793. Le Jacobin Marie-Jean Hérault de Séchelles proposa alors une nouvelle constitution, très différente de celle de Condorcet. Mais celui-ci la critiqua, ce qui le fit condamner pour trahison. Le 8 juillet 1793, la Convention votait un décret d'arrestation contre lui.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire